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Libre choix de l’école : se tourner vers l’avenir

Cet automne, les citoyens de Bâle-Campagne seront appelés à se prononcer sur l’introduction du libre choix de l’école dans leur constitution cantonale. Le canton de Bâle-Campagne emboitera ensuite le pas aux nombreux autres cantons dans lesquels des initiatives visant au même but ont été lancées ou sont sur le point de l’être (par exemple à Zurich, Genève, Soleure, ou Vaud).

Le libre choix de l’école, qui recouvre en fait un « chèque scolaire » d’un montant fixe (en Suisse, de 11′000 à 15′000.- par année) attribué aux parents de chaque élève pour l’éducation de leur rejeton, recouvre deux facettes bien distinctes. D’abord, elle permet aux parents de choisir l’école qui correspond le mieux aux besoins de leur enfant, et ce sans contrainte financière comme c’est le cas aujourd’hui. Ensuite, la liberté de choix est d’ordre géographique : les parents pourront choisir librement le lieu de l’école de leur enfant. La première facette de la liberté de choix permettra ainsi la « mise en concurrence » des divers programmes éducatifs et aura comme conséquence l’amélioration du standard éducatif général, alors que la seconde facette de la liberté de choix évitera aux enfants issus de quartiers défavorisés de subir une éducation médiocre, en libérant de l’obligation actuelle de suivre les cours de l’établissement scolaire le plus proche du lieu d’habitation.

La liberté de choix telle que prévue par l’initiative n’est pas totale : seules les écoles respectant strictement certaines exigences pédagogiques fixées par l’Etat pourront bénéficier du « chèque scolaire ». Ces mêmes écoles seront ensuite soumises à un contrôle étatique afin de garantir que leur cahier des charges soit correctement exécuté. Chaque établissement scolaire pourra en revanche choisir sa propre voie pour atteindre les objectifs de l’Etat, en laissant une liberté accrue aux principaux intéressés, c’est-à-dire aux enseignants et aux directeurs d’établissement. Cela aboutira à une offre scolaire bien plus variée qu’aujourd’hui, sans toucher à la cohésion sociale et à la fonction d’intégration de l’école, puisque les objectifs scolaires resteront les mêmes quel que soit l’établissement choisi. En outre, les établissements privés qui bénéficieront du « chèque scolaire » devront accepter tous les élèves sans discrimination et ne pourront pas répercuter d’écolage supplémentaire sur les parents afin de garantir l’égalité d’accès à tous, sans distinction par l’argent.

En conférant aux parents la liberté de choisir l’éducation de leur enfant et en encourageant la mixité sociale, le libre choix de l’école s’inscrit parfaitement dans la ligne politique des libéraux-radicaux, qui ont toujours défendu les libertés et privilégié les solutions individuelles aux mesures collectivistes. S’il existe en Suisse déjà une forme de liberté de choix entre établissements publics et écoles privées, comme ne manquent d’ailleurs pas de le rappeler les opposants au libre choix, cette liberté n’est de loin pas accessible à tout le monde : la cherté des établissements privés empêche aujourd’hui de nombreux enfants de suivre des programmes scolaires adaptés à leurs besoins et leurs capacités. Cette situation, qui ne permet qu’à une minorité de jouir de la liberté de choix, est insatisfaisante et génératrice d’inégalités : en tant que libéraux, nous savons que les libertés individuelles appartiennent à tous et non pas seulement à une minorité privilégiée.

Mais au-delà de la théorie, certains pays, notamment ceux du nord de l’Europe, ont déjà introduit le libre choix de l’école dans leur système éducatif avec des résultats encourageants pour les partisans du libre choix en Suisse. Les Pays-Bas, par exemple, qui connaissent le libre choix de l’école depuis un siècle, parviennent lors des tests PISA à des résultats similaires (voire légèrement supérieurs) à ceux de la Suisse, malgré un coût par élève deux fois moins élevé que chez nous. En Suède, où le libre choix existe depuis 1994, les établissements privés obtiennent de meilleurs résultats que l’école publique et parviennent à une gestion plus efficace des deniers publiques. A l’échelle de l’Europe, on retrouve très souvent les pays connaissant déjà le libre choix parmi les meilleurs du classement basé sur les tests PISA.

En comparaison, la plupart des cantons suisses connaissent des systèmes scolaires parmi les plus rigides d’Europe au point du vue de la liberté de choix. Ainsi, il n’est pas rare qu’un élève ne soit pas autorisé à fréquenter l’école la plus proche de son domicile si celle-ci se trouve dans une autre commune. De même, les parents se voient souvent refuser l’enclassement de leur enfant à proximité de leur lieu de travail, même si cette solution est plus pratique pour l’enfant et les parents. Si le libre choix de l’école tel que prévu par les initiants est refusé dans les urnes, il sera nécessaire de mener une réflexion en profondeur sur nos systèmes scolaires, en introduisant le libre choix entre établissements publiques comme premier pas vers des systèmes scolaires plus libres et plus adaptés aux élèves.

Samuel David
(lire la version originale dans le magazine Accent, organe des jeunes libéraux-radicaux suisses, disponible sous forme PDF à l’adresse http://jungfreisinnige.ch/fileadmin/accent/Accent2008_03.pdf )

L’heure d’une modification du système d’aide aux études a sonné

En tant qu’étudiant, les chiffres publiés par l’OFS à la fin de l’année passée m’ont particulièrement interpellé: 80% des étudiants travaillent parallèlement à leurs études, et pour un peu moins de la moitié d’entre eux, cette activité lucrative est nécessaire pour financer leur formation universitaire. Dans un pays dont on dit qu’il n’a comme seule matière première sa matière grise et dans lequel l’Etat a le devoir de préserver l’égalité d’accès aux études supérieures, ce constat est l’expression de l’échec cinglant du système de bourse tel qu’on le connaît actuellement.

Or, les besoins ne cessent d’augmenter, ce qui est en particulier dû aux récentes réformes de Bologne, qui ont eu pour conséquence d’augmenter la durée des études et la mobilité des étudiants. En 2005, seuls 279 millions de francs ont été distribués aux étudiants suisses sous la forme de bourses, cela alors que les besoins dépassent largement le milliard de francs. De plus, les disparités cantonales dans l’octroi des bourses créent de fortes inégalités entre étudiants: une bourse annuelle moyenne à Zurich atteint presque 9′000 frs par année, alors qu’à Neuchâtel une bourse annuelle moyenne est d’environ 3′000.-

Afin d’élargir l’aide aux études à tous les étudiants et gommer les trop grandes différences cantonales dans l’octroi des bourses, une solution équitable doit enfin être trouvée. Cette refonte du système passe dans un premier temps par la création d’un office fédéral des bourses et prêts d’étude qui harmoniserait l’aide aux études au niveau fédéral. Dans un deuxième temps et dans le but d’offrir à un nombre d’étudiants bien plus élevé qu’aujourd’hui une aide aux études, il conviendrait de compléter le système actuel de bourses par un système de prêts sans taux d’intérêts, dont le remboursement serait intégralement consacré à garantir un deuxième prêt à un autre étudiant. En cas de difficultés financières à la fin des études, ce prêt serait convertible en bourse. Un tel système permettrait de conserver un caractère social à l’aide aux études, sans laisser sur le carreau un nombre important d’étudiants comme c’est le cas actuellement.

Samuel David

Pourquoi l’initiative sur le salaire minimum manque sa cible

L’initiative constitutionnelle « Pour le droit à un salaire minimum » a été lancée il y a trois mois par des milieux d’extrême gauche, tels qu’Attac, le POP ou encore SolidaritéS. Cette initiative vise à ajouter un troisième alinéa à l’art. 58 de la Constitution vaudoise, alinéa dont le texte est le suivant: « al. 3 (nouveau) Il institue un salaire minimum cantonal, dans tous les domaines d’activité économique, en tenant compte des différences régionales, des secteurs économiques ainsi que des salaires fixés dans les conventions collectives, afin que toute personne exerçant une activité salariée puisse disposer d’un salaire lui garantissant des conditions de vie décentes ». Telles est en tous cas le texte de l’initiative. L’objectif avoué du comité d’initiative est l’instauration à terme d’un « salaire minimum à 3′500.- nets par mois, treize fois par an ». Et cela pour combattre le phénomène des working poor (ou travailleurs pauvres), que le comité d’initiative dit croissant (ce que réfute les chiffres de l’office fédéral de la statistique de ces dernières années).

L’intention est sans doute louable mais à y regarder de plus près, l’instauration d’un salaire minimum aurait des conséquences non négligeables sur l’économie: comme le montrent les expériences des pays voisins, le salaire minimum induit mécaniquement une forte augmentation du nombre de chômeurs et des prix à la consommation rehaussés pour faire face à l’augmentation des charges salariales.

Malheureusement, ce ne sont pas les simples effets secondaires d’un remède efficace, car un salaire minimum est une mesure qui manque totalement sa cible. En effet, les études de l’office fédéral de la statistique (OFS) sont claires: 2/3 des working poor ont un salaire supérieur à 3783.-! Comme on le voit, l’équation working poor=bas salaires est sérieusement mise à mal. En réalité, la problématique des working poor ne se confond pas avec celle des bas salaires. Au contraire, les statistiques de l’OFS tendent à démontrer que les working poor sont des personnes ayant à faire face à une situation familiale difficile (divorce, famille nombreuse, …). On est loin de l’exploiteur qui profite de la détresse économique des plus vulnérables, comme le véhicule le bon vieux mythe socialiste!

Mais des solutions existent pour que les working poor sortent de la pauvreté: l’aide sociale, seul organisme qui peut aider les working poor en Suisse, devrait cibler ses efforts sur la formation professionnelle et le conseil à ces travailleurs que personne ne veut oublier. Loin des solutions faciles prônées par la gauche, un travail de fond des conseillers de l’aide sociale doit être mené auprès des travailleurs pauvres pour aboutir à des solutions individuelles, adaptées aux capacités de chacun. C’est la seule solution pour enrayer le phénomène des working poor et amener les personnes en détresse passagère à ne pas sombrer dans la spirale dans laquelle sont trop souvent enfermés les travailleurs pauvres.

Samuel David

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Ce site est destiné à partager quelques unes de mes réflexions sur l’actualité politique. Parce que l’objectif de ce site est de tisser des liens, n’hésitez pas à me faire part de vos opinions, remarques ou critiques à l’adresse mail@samueldavid.ch. Tout message est le bienvenu! En attendant vos remarques, je vous souhaite une excellente visite et me réjouis d’échanger avec vous.

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